Les démarches qui suivent un décès.

Comment se déroule une succession en France : étapes et délais en 2026

Quand un proche meurt, le règlement de sa succession peut sembler un labyrinthe. C'est pourtant une procédure encadrée, prévisible, qui se déroule en quelques grandes étapes claires. Ce guide vous explique précisément la chronologie d'une succession en France, qui fait quoi à chaque étape, combien de temps ça prend, et les pièges à éviter.

En bref

Étape 1 : choisir un notaire (semaine 1 à 3)

Quand le notaire est-il obligatoire ?

Le passage par un notaire est imposé par la loi dans trois situations :

Hors de ces cas, vous pouvez théoriquement régler la succession entre héritiers, par une attestation signée. Mais c'est rare : la plupart des successions impliquent un notaire.

Comment choisir un notaire ?

Vous avez le libre choix du notaire. Vous pouvez prendre celui de la famille, le vôtre, ou en chercher un nouveau. Quelques principes utiles :

Premier rendez-vous

Le notaire vous demandera : - L'acte de décès (plusieurs copies). - Le livret de famille du défunt. - Les coordonnées de tous les héritiers connus. - Une liste sommaire du patrimoine (immobilier, comptes, contrats d'assurance vie, dettes éventuelles).

Vous repartez avec une feuille de route et un calendrier prévisionnel.

Étape 2 : rechercher un testament (semaine 1 à 4)

C'est l'une des premières démarches du notaire. Il interroge le Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV), un fichier national qui recense tous les testaments enregistrés en France. Réponse en quelques jours.

En parallèle, il vous demandera de vérifier dans les papiers personnels du défunt s'il existe un testament olographe (rédigé à la main et conservé chez lui).

L'existence ou non d'un testament change profondément la suite : il peut ajouter ou modifier des héritiers, créer des legs particuliers, désigner un exécuteur testamentaire.

Pour comprendre ce qu'est un testament olographe et comment il fonctionne, consultez notre guide dédié.

Étape 3 : établir l'acte de notoriété (mois 1 à 4)

L'acte de notoriété est le document fondateur de la succession. Il liste officiellement :

Pour le rédiger, le notaire vérifie l'identité de chaque héritier, leur lien avec le défunt, et l'absence d'autres héritiers oubliés. Cela passe parfois par la consultation d'archives d'état civil (notamment quand il faut remonter aux frères, sœurs, neveux, nièces).

Délai pratique : entre 2 et 6 mois selon la complexité. Plus rapide quand l'arbre familial est simple.

L'acte de notoriété est indispensable pour de nombreuses démarches : débloquer les comptes bancaires, accéder à un coffre-fort, vendre un bien, percevoir certaines sommes au nom de la succession.

Pour aller plus loin sur ce document essentiel, voir notre guide complet sur l'acte de notoriété.

Étape 4 : inventorier le patrimoine (mois 1 à 4)

Cette étape, parfois en parallèle de la précédente, consiste à dresser la liste complète et chiffrée de l'actif et du passif de la succession.

L'actif successoral

Le notaire (ou vous, sous sa supervision) identifie :

Le passif successoral

À déduire de l'actif :

Si vous découvrez un passif important, vous pouvez renoncer à la succession ou l'accepter à concurrence de l'actif net. Voir notre guide sur les frais et droits de succession pour comprendre les implications.

Étape 5 : déposer la déclaration de succession (avant 6 mois)

C'est l'étape la plus contrainte par les délais. La déclaration de succession est un document fiscal à transmettre à l'administration fiscale dans un délai impératif.

Délai

Tout retard entraîne : - 0,4 % d'intérêts par mois de retard. - 10 % de majoration au-delà de 6 mois de retard. - Jusqu'à 40 % de majoration en cas de mise en demeure non honorée.

Ce que contient la déclaration

Qui la rédige ?

Pour une succession simple sans bien immobilier et avec un actif modeste (moins de 50 000 €), vous pouvez la déposer vous-même via le formulaire Cerfa 2705. Au-delà, le notaire la prépare pour vous — c'est plus sûr, surtout pour ne pas oublier des éléments fiscaux importants.

Paiement des droits

Les droits de succession se paient au moment du dépôt de la déclaration. Si la succession ne contient pas suffisamment de liquidités, vous pouvez demander :

Pour estimer rapidement les droits dus selon votre situation, utilisez notre calculateur de droits de succession.

Étape 6 : procéder au partage (après 6 mois, sans délai strict)

Une fois la déclaration déposée et les droits payés, les héritiers sont en indivision successorale : ils possèdent ensemble les biens, sans répartition individuelle.

L'indivision : avantages et inconvénients

Le partage amiable

Quand les héritiers sont d'accord, le partage se fait :

Chaque héritier reçoit alors les biens correspondant à sa part, et l'indivision prend fin.

Le partage judiciaire

En cas de désaccord, n'importe quel héritier peut saisir le tribunal judiciaire. Le juge organise alors le partage, parfois en nommant un notaire commis. Procédure longue (12 à 36 mois) et coûteuse, à éviter si possible.

Pas de délai légal pour partager

L'indivision peut durer indéfiniment. Mais en pratique, plus on attend, plus les divergences peuvent émerger (un héritier veut vendre, un autre garder le bien de famille). Le partage amiable dans les 12-18 mois après le décès est l'idéal.

Cas particuliers fréquents

En présence d'un conjoint marié

Le conjoint survivant a une position particulière. Selon le régime matrimonial et la présence ou non d'enfants, il peut hériter :

Si le défunt avait fait une donation entre époux, les options du conjoint survivant sont élargies.

En présence d'enfants d'un précédent lit

Les enfants nés d'un précédent mariage ne peuvent pas être déshérités au profit d'un nouveau conjoint. C'est la réserve héréditaire, qui leur garantit une part minimum.

Pour les couples non mariés

Les partenaires de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, mais ils n'héritent pas automatiquement — il faut un testament.

Les concubins sont au plus mal lotis : pas d'héritage automatique, et 60 % de droits de succession au-delà d'un abattement de 1 594 € s'ils héritent par testament. C'est la situation où il faut le plus anticiper avec une assurance vie ou un PACS.

Succession internationale

Si le défunt vivait à l'étranger ou possédait des biens dans plusieurs pays, le notaire applique le règlement européen sur les successions (UE n° 650/2012) ou les conventions bilatérales pertinentes. Les délais sont en général plus longs (12 à 24 mois).

Combien ça coûte au total

Pour une succession ordinaire (un bien immobilier, des comptes bancaires, héritiers en ligne directe, sans complexité particulière) :

Élément Ordre de grandeur
Frais de notaire 1 à 3 % de l'actif successoral
Droits de succession Variables, 0 € pour le conjoint marié, jusqu'à 45 % pour un enfant au-delà des abattements
Frais bancaires de succession 0 € en deçà de ~6 000 €, plafonnés au-delà
Frais de publicité foncière 0,71 % de la valeur des biens immobiliers
Total typique 3 à 8 % de l'actif pour une succession en ligne directe

Pour les successions hors ligne directe (concubin, ami, neveu), les droits peuvent dépasser largement la moitié de l'actif hérité.

Foire aux questions

Combien de temps prend une succession en moyenne ? 6 à 12 mois pour une succession sans difficulté. Jusqu'à 24 mois en cas de désaccord, de patrimoine complexe, ou de succession internationale.

Peut-on régler une succession sans notaire ? Oui, dans les cas très simples : pas de bien immobilier, pas de testament, patrimoine modeste, héritiers d'accord. Mais c'est rare. Dans 90 % des cas, le notaire est obligatoire ou très utile.

Que faire si un héritier bloque la succession ? Vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour demander un partage judiciaire. Avant cela, une médiation par le notaire ou un médiateur familial est souvent utile et plus rapide.

Doit-on payer les droits avant le partage ? Oui. Les droits de succession sont dus au moment de la déclaration (dans les 6 mois). Le partage peut intervenir après, sans délai contraint.

Que se passe-t-il si on ne fait rien ? La déclaration aux impôts dans les 6 mois est obligatoire, même si la succession n'est pas encore réglée entre héritiers. Faute de quoi, pénalités importantes. En revanche, le partage entre héritiers peut attendre indéfiniment (sauf intervention judiciaire d'un héritier qui veut sortir de l'indivision).

Combien coûte un notaire pour une succession ? 1 à 3 % de l'actif successoral pour une succession standard, 4 à 5 % pour une succession complexe. Comparez 2 ou 3 notaires si la succession est importante : les honoraires libres se négocient.


Ce guide vous donne la chronologie globale d'une succession. Pour les démarches non successorales mais tout aussi urgentes (banque, assurance, capital décès, pension de réversion, comptes en ligne, etc.), consultez notre questionnaire qui génère une checklist personnalisée selon votre situation.