Les démarches qui suivent un décès.

Décès du conjoint : toutes les démarches pour le survivant

Perdre son conjoint, c'est traverser un deuil immense et faire face simultanément à des dizaines de démarches administratives urgentes. Ce guide est conçu pour vous aider à ne rien oublier d'essentiel, dans l'ordre où les choses se posent.

En bref

Les droits du conjoint dans la succession

Conjoint marié : une protection renforcée

Le conjoint marié est un héritier réservataire en l'absence d'enfants, et héritier légal dans tous les cas. Ses droits dépendent de la composition de la famille :

SituationDroits du conjoint survivant
Aucun enfant, aucun ascendantTotalité de la succession
Aucun enfant, ascendants présents¾ de la succession (¼ revient aux ascendants)
Enfants communs uniquementChoix : usufruit total ou ¼ en pleine propriété
Enfants dont certains non communs¼ en pleine propriété (pas d'option usufruit)

Le conjoint marié est totalement exonéré de droits de succession en France depuis 2007, quelle que soit la valeur des biens transmis.

Partenaire pacsé

Le partenaire de PACS bénéficie de la même exonération fiscale que le conjoint marié. En revanche, il n'est pas héritier légal par défaut : pour hériter, le défunt doit avoir rédigé un testament en sa faveur. Sans testament, le partenaire pacsé ne perçoit rien de la succession.

Concubin (non marié, non pacsé)

Le concubin n'a aucun droit légal dans la succession. S'il est désigné bénéficiaire par testament, il sera taxé à 60 % de droits de succession sur les sommes reçues, après un abattement de 1 594 €. L'assurance vie reste le meilleur outil pour lui transmettre des capitaux avec une fiscalité avantageuse.

Le logement : vos droits immédiats

Le droit temporaire au logement

Quel que soit le régime matrimonial ou la composition de la succession, le conjoint survivant a le droit de rester gratuitement dans le logement du couple pendant un an après le décès. Ce droit s'applique que le logement soit en propriété (appartenant à la succession) ou en location.

Ce droit est d'ordre public : les héritiers ne peuvent pas le contester ni demander au conjoint de partir.

Le droit viager au logement

Au-delà d'un an, si le défunt était propriétaire du logement (seul ou en indivision), le conjoint survivant peut demander à y rester sa vie entière. Ce droit viager doit être revendiqué dans l'année suivant le décès.

En contrepartie, la valeur de ce droit d'habitation est déduite de la part du conjoint dans la succession — ce n'est donc pas "gratuit" successoralement, mais c'est une protection importante pour éviter de devoir quitter son domicile.

La pension de réversion

La pension de réversion est une partie de la retraite du défunt versée au conjoint ou ex-conjoint survivant. Elle n'est pas automatique : il faut en faire la demande auprès de chaque caisse de retraite concernée.

Régime général (Cnav)

Retraite complémentaire (Agirc-Arrco)

Autres régimes

Les fonctionnaires, professions libérales, agriculteurs et autres régimes spéciaux ont leurs propres règles. Vérifiez auprès de chaque caisse dont dépendait le défunt.

Pour les détails complets sur la pension de réversion, consultez notre guide dédié : Pension de réversion : conditions, montant et démarches

Les démarches prioritaires dans le premier mois

Auprès des organismes sociaux

Côté financier

Logement et contrats courants

La succession : votre rôle en tant que conjoint

Même si vous êtes exonéré de droits de succession, une déclaration de succession reste souvent nécessaire, notamment si la succession comprend un bien immobilier. Le notaire vous guidera sur ce point.

Si vous avez opté pour l'usufruit universel (droits sur tous les biens du défunt sans en être propriétaire), vous avez la jouissance des biens mais ne pouvez pas les vendre sans l'accord des héritiers en nue-propriété. Pesez bien cette option avant de la choisir.

Et après : les démarches à ne pas oublier

Foire aux questions

Le conjoint survivant doit-il payer des droits de succession ?
Non, le conjoint marié est totalement exonéré de droits de succession depuis 2007. Le partenaire pacsé également. Le concubin, en revanche, est taxé à 60 %.

Puis-je rester dans notre appartement si le bail était au nom de mon conjoint ?
Oui. Le bail se transfère automatiquement au conjoint survivant. Prévenez le bailleur par lettre recommandée en joignant l'acte de décès.

La pension de réversion est-elle cumulable avec ma propre retraite ?
Oui, mais elle peut être réduite si le total de vos revenus dépasse certains plafonds (pour le régime général). La retraite complémentaire Agirc-Arrco ne prévoit pas de condition de ressources.

Mon conjoint avait des dettes : suis-je obligé de les payer ?
Non, en tant que conjoint survivant, vous n'êtes pas responsable des dettes personnelles du défunt — sauf si vous êtes co-signataire (crédit commun, caution). En revanche, les dettes font partie de la succession et sont prélevées sur l'actif successoral avant le partage.


Cette page couvre les règles générales applicables aux couples mariés. Les situations de PACS, de concubinage, ou de famille recomposée peuvent nécessiter une analyse spécifique. En cas de doute, consultez un notaire ou un conseiller juridique spécialisé.